Laura Baré Singa : L'avenir appartient à celles qui osent persévérer

Laura Baré Singa : L'avenir appartient à celles qui osent persévérer

Laura Baré Singa est une cheffe d’entreprise et entrepreneure plurisectorielle basée à Kinshasa. Reconnue pour son expertise en stratégie de marque, marketing et événementiel, elle dirige Dream Factory SARLU, une agence spécialisée dans la conception et la réalisation de projets d’envergure pour des entreprises, des institutions et des marques internationales en République démocratique du Congo.

Laura Baré Singa : L'avenir appartient à celles qui osent persévérer

Laura Baré Singa est une cheffe d’entreprise et entrepreneure plurisectorielle basée à Kinshasa. Reconnue pour son expertise en stratégie de marque, marketing et événementiel, elle dirige Dream Factory SARLU, une agence spécialisée dans la conception et la réalisation de projets d’envergure pour des entreprises, des institutions et des marques internationales en République démocratique du Congo.

En parallèle, elle développe des activités dans les secteurs de l’immobilier et de la logistique, illustrant une vision entrepreneuriale ambitieuse, diversifiée et résolument tournée vers la création de valeur.

Appréciée pour sa bienveillance, son dynamisme, son sens de l’écoute et son efficacité, Laura Baré place l’humain, l’innovation et la quête de l’excellence au cœur de chacun de ses projets. À travers son parcours, elle incarne une nouvelle génération de femmes entrepreneures qui allient performance, leadership et engagement, tout en restant fidèles à leurs valeurs.


1. Qu’avez-vous dû sacrifier ou laisser de côté pour devenir la femme que vous êtes aujourd’hui ?


Au fil des années, j’ai dû laisser derrière moi certains moments précieux. Lorsqu’on ambitionne certaines choses, il faut parfois accepter de faire des sacrifices. Il y a des moments que j’aurais voulu partager avec mes enfants, mais que j’ai dû sacrifier. Je m’efforce d’être une maman présente et attentionnée, mais je pense que ce n’est jamais assez.

J’ambitionne de réaliser certaines choses, et c’est avant tout pour eux que je le fais ; cela demande des sacrifices. Je suis ce genre de maman qui commence très tôt ses journées et qui les termine très tard ; qui, par conséquent, n’est pas toujours là pour mettre ses enfants au lit, leur lire une histoire ou encore leur faire à manger.

Ce sont des moments perdus que je ne pourrai malheureusement pas rattraper, parce qu’ils grandissent. Aujourd’hui, ma fille a 4 ans et mon fils 7 ans. Très vite, ils n’auront plus besoin de moi pour les coucher ou leur préparer à manger. Ce sentiment me laisse un goût amer quand j’y pense, mais je crois aussi que ce sont des sacrifices qu’il faut parfois accepter de faire.


2. Il y a des femmes à Kinshasa qui ont envie d’entreprendre, mais qui hésitent à le faire parce qu’elles se disent qu’elles ne pourront pas accomplir pleinement leur rôle de maman. Quel conseil donneriez-vous à ces femmes ?


À toutes ces femmes qui sont partagées entre leur rêve d’entreprendre et la peur de ne pas assumer leur rôle de mère, je conseillerais de bien s’entourer.

Moi, personnellement, j’ai eu la chance d’avoir un partenaire incroyable. Mon mari est le genre de père qui sait prendre soin des enfants, qui sait donner le biberon, me permettant ainsi d’atteindre mes objectifs et d’accomplir ce que j’ai à accomplir.

Avoir quelqu’un qui sait sacrifier ses propres ambitions pour vous laisser accomplir les vôtres, c’est l’un des plus beaux sacrifices au monde. En dehors de mon mari, j’ai une famille très présente pour mes enfants et moi-même, notamment ma mère, ma belle-mère, mes sœurs et même mes amis.

Pour réussir en tant que femme, avec toutes les responsabilités que cela implique, il est indispensable d’être bien entourée.



3. En tant que femme entrepreneure, mère et épouse, vous est-il arrivé, à un moment ou à un autre, d’avoir le sentiment de vouloir tout abandonner ? Qu’est-ce qui vous a donné la force de continuer ?


Je dirais, premièrement, mes enfants, parce que c’est pour eux que j’accomplis tout cela.

J’ai eu une enfance heureuse, mais elle n’a néanmoins pas été facile. J’ai dû m’occuper de moi-même, surmonter des choses qu’un enfant ne devrait jamais avoir à surmonter, et je n’aimerais pas que mes enfants aient à vivre cela.

Je sais qu’ils auront des défis à relever parce que la vie est ainsi faite, mais je me bats pour leur offrir le meilleur bagage possible, afin qu’ils puissent démarrer dans la vie avec le minimum nécessaire pour réussir et, surtout, pour être heureux.

Deuxièmement, je pense avoir fait beaucoup de sacrifices et je ne peux plus faire marche arrière. Je sais que je ne pourrai jamais rattraper les moments que je perds en étant loin de mes enfants et, pour moi, le seul moyen de me dire que cela en valait la peine, c’est de réussir.

Je n’ai pas droit à l’échec. Je n’aurai pas une deuxième chance. Alors je réussis pour eux et pour tous les gens que j’aime et qui croient en moi.


4. Derrière cette image de réussite se cachent souvent des étapes, des sacrifices et des réalités que l’on ne voit pas toujours. Quel conseil pouvez-vous donner à toutes ces femmes qui, en suivant votre parcours, aimeraient réussir comme vous ?


Pendant longtemps, j’ai voulu contrôler ma vie, et je pense que cela est dû aux choses que j’ai traversées lorsque j’étais plus jeune. Je m’étais juré que je ne les revivrais plus et que les gens que j’aime n’auraient jamais à les traverser.

De ce fait, pour m’éviter de revivre tout cela, je voulais tout contrôler : les personnes que je côtoyais, le fonctionnement de la vie et même la manière de surmonter les obstacles que je rencontrais. Cela me rassurait. Pourtant, dans la vie, on ne contrôle pas tout.

Il y a des choses qui ne dépendent pas de nous, mais du Très-Haut. Cette vérité a été une véritable délivrance pour moi, parce qu’auparavant, je me mettais énormément de pression pour arriver là où je suis aujourd’hui et pour atteindre mes ambitions.

Je pense aussi que ce qui m’a beaucoup aidée, c’est la foi. Lorsque tu as la foi, tu acceptes qu’il existe des choses sur lesquelles tu n’auras aucun contrôle, et tu es en paix avec cela parce que tu sais où tu vas.

Lorsqu’une porte se ferme devant toi, tu comprends que le chemin que tu voulais emprunter n’était pas le tien. Avoir la foi est indispensable parce que, lorsqu’elle n’est pas forte, tu te limites à ce que tu peux contrôler, alors que tu ne peux pas tout contrôler.

À un moment donné, il faut accepter de lâcher prise. La seule personne qui a véritablement le contrôle sur tout, c’est Dieu.

Dans ma carrière, la foi est indispensable. Bien que je sois issue d’une famille de croyants, je n’avais pas une foi très forte. Ce sont les échecs que j’ai connus et les difficultés que j’ai rencontrées qui m’ont amenée à développer cette foi.

Lorsque j’ai fait face à des obstacles que je croyais impossibles à surmonter et qui m’ont fait pleurer, il y avait cette voix au fond de moi qui me disait : « Ne t’en fais pas. Avance. Relève-toi, essuie tes larmes et continue d’avancer. Je sais ce que je fais. »

J’ai cru en cette voix. J’ai emprunté le chemin qu’elle traçait devant moi, même lorsqu’il semblait difficile.



5. Si vous deviez vous donner un conseil à vous-même, que vous diriez-vous ?


Je me dirais que ça va aller.

Je n’ai pas eu une enfance facile, mais malgré les tempêtes, les moments de doute où je pensais que je n’y arriverais pas, j’ai réussi et j’ai tenu bon.

C’est vrai que j’aurais aimé avoir quelqu’un pour me dire : « Ça va aller. Je sais que tu as peur, que tu es terrifiée, que tu es épuisée et que tu ne veux plus avancer, mais ce qui t’attend est merveilleux. Bats-toi pour cela ; bats-toi pour ton avenir. La vie est faite de différentes étapes. Là, tu traverses une période très difficile, mais ce qui t’attend est tellement incroyable que cela vaut la peine de supporter tout cela. Accroche-toi. Va jusqu’au bout de tes ambitions et crois en toi. Ne laisse personne te faire croire que tu n’y arriveras pas. Tu peux complètement changer les choses. »


6. Quels sont les projets, les causes et les transmissions qui vous tiennent à cœur cette année et dans les années à venir ?


Je suis une personne qui a toujours plein de projets en tête. Je veux toujours aller plus loin.

Aujourd’hui, j’ai quelques sociétés qui sont déjà bien installées et c’est à leur stabilité que je tiens. Pour lancer un projet, il faut du temps et de l’énergie. Je n’aime pas faire les choses à moitié et je ne voudrais pas non plus m’éparpiller.

Mes sociétés actuelles me demandent déjà beaucoup d’énergie et d’investissement. Elles sont encore en pleine évolution et, pour l’instant, je reste focalisée sur elles, même si beaucoup d’opportunités se présentent à moi.


7. Que refusez-vous de devenir, même au prix du succès ?


Je refuse de devenir une personne sans valeurs. Je veux rester la personne que je suis et garder le cœur que j’ai, malgré les épreuves et les mauvaises personnes qui peuvent se dresser sur ma route. Je ne veux pas leur donner le pouvoir de me changer.


8. Comment les femmes peuvent-elles rester fidèles à elles-mêmes dans un monde qui leur impose tant d’attentes ?


Je dirais d’abord qu’il faut garder la foi. La foi en soi, mais aussi les valeurs chrétiennes parce que, à mon avis, c’est ce qui permet de garder les pieds sur terre et de rester fidèle à soi-même.

Je dirais aussi qu’il est essentiel de s’entourer de personnes sincères qui sauront vous dire lorsque vous commettez des erreurs ou lorsque vous empruntez un mauvais chemin.


9. Que devons-nous retenir de votre interview chez ODAI Magazine ?


Je pense que ce qu’il faut retenir de cette interview, c’est qu’il ne faut jamais baisser les bras. Il faut s’accrocher, même quand c’est difficile.


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